From Okpo to Shanghai

Catégorie : Voyages par Amo le 14-07-2011

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Quatre mois et demi que je n’avais pas vu une tête familière, profitant de ma situation géographique et de mon emploi du temps quelque peu flexible j’ai décidé de me rendre à Shanghai pour y retrouver Kévin, un vieil ami d’HEI. Obéissant à la célèbre loi de Murphy, la semaine précédent ce weekend a été cauchemardesque. C’est donc avec soulagement que j’ai quitté le bureau vendredi après-midi direction Shanghai via l’aéroport de Gimhae-Busan. Rien de tel qu’un petit weekend à la découverte d’une mégalopole asiatique pour se changer les idées.


Arrivé avec trois heures d’avance à l’aéroport, une vieille habitude veut que je m’a-table à un Starbucks en savourant un combo café-muffin. Deux heures avant le décollage le check-in ouvre ses comptoirs, m’insérant dans la file d’attente je m’évade en regardant les autres destinations. À mon tour, je me présente alors au guichet disponible, sors mon voutcher et mon portefeuille. Etrange pas de portefeuille dans ma poche habituelle, fouille de mon premier sac, du second (non je ne déménage pas, je transporte mon appareil photo qui occupe un sac complet), re fouille du premier les mains de plus en plus moites, re fouille du second sac, mon front se met à perler… Déballage complet de mes deux sacs sur le comptoir sous les yeux d’une hôtesse interloquée, rien ! Je nage. Retour au Starbucks ainsi que les différents endroits où j’ai pu passer, toujours rien. Enchaînant coups de chaud, coups de froid, je tente de reconstituer mes faits et gestes depuis mon arrivée à l’aéroport.

Au milieu du terminal international de Busan en direction de la Chine sans argent, portefeuille, passeport-visa et un avion qui décolle moins d’une heure et demie plus tard, rester calme n’a pas été très évident. – sans argent… – comment ai-je payé mon café ? – en cash – quel cash ? – la monnaie du bus… du bus pour le centre-ville de Busan ou la circulation parisienne est un paradis à côté. Comment décrire un moment de solitude pareil ?

Je vis alors un simili de « la laitière et le pot au lait ». En panique j’appelle notre secrétaire de projet Eunhye, lui résumant ma situation j’ai en retour un rire aiguë, puis un « Call you back in 10 min ». Dix minutes c’est long-très long. « I get it, someone will bring you ». D’un état de chaleur avancé, je passe à l’état de glace, l’euphorie prenant le dessus sur l’angoisse. Dans les faits, le chauffeur du bus a trouvé mon portefeuille et l’a donné à l’un de ses amis qui me l’a rapporté en vingt minutes chronos. Moins de trente minutes après Check in – Douane – Dutty free parfum (pas pour l’achat, juste pour moi) je file vers la porte d’embarquement. Message : 1h30 de retard ! Murphy quand tu me tiens…

Les vols se suivent et ne se ressemblent pas. J’ai passé la totalité du vol à discuter avec mon voisin de siège, chirurgien plastique. J’en ai appris des belles…

L’arrivée en Chine a été quelque peu laborieuse. Comme partout les douaniers sont d’une amabilité à toute épreuve et d’une lenteur impressionnante. Légèrement impatient, je prends sur moi pour passer une frontière que je trouve, point de vue sécurité, assez hypocrite.

Vol M9829 en provenance de Busan, tapis roulant 25. Tandis que les autres tapis roulant se chargent et se décharge le nôtre, toujours à l’arrêt, daigne montrer le bout d’une valise. Une bonne heure d’attente s’est écoulée, l’aérogare se vide, un « responsable chariot » nous demande alors ce que l’on attend. En coeur et légèrement agacés : « NOS VALISES ! ». Vos valises ? Tapis roulant 18…

Shanghai, enfin, pour rejoindre le coeur de cette célèbre ville, un train magnétique filant à plus de 300km/h m’emmène retrouver mon hôte. Après des retrouvailles chaleureuses, direction SUZHOU à plus d’une heure de taxi. 23h30 here we are ! Une nouvelle épreuve nous attend : trouver de quoi diner. Nous ne saurons probablement jamais ce que nous avons mangés, mais comme entrée de jeu, ce restaurant typique ne pouvait pas mieux tomber.


Suzhou :
Vaste nouvelle ville en plein essor, tout est neuf, propre, au carré. Un peu trop même à mon gout, on a parfois l’impression d’être seul au monde parmi les buildings. Pour les cinéphiles, c’est un peu comme la fin d’ « inception » : Deux personnages, des milliers de buildings. Je suis loin de la Chine sale et grouillante que j’imaginais.

Les soirées en boites à Suzhou sont des moins chères au monde. Il suffit d’attendre l’équivalent de 20 secondes pour qu’un chinois/chinoise te propose de te joindre à leur table. En effet, il y a peu de foreign dans cette nouvelle contrée c’est donc très en vue d’en recevoir à sa table. En tout cas nous on apprécie. (je suis en attente des photos…)

Shanghai :
Pour se rendre à Shanghai depuis Suzhou, le plus simple c’est de prendre le train.
- 20 min dans un TGV spacieux sentant le neuf. (train à l’aller)


- une heure et demi dans un TER crasseux, surpeuplé ou la guichetière s’est trompée dans la date de nos billets. Bref, debout à côté des « toilettes » tout au long du trajet, un grand moment. Nous avons également assisté au mécontentement d’un passager envers une contrôleuse. La scène peut s’avérer ordinaire, mais les dialogues entre deux chinois remontés sont assez cocasses. (train au retour)

Dans tous les cas, réussir à acheter un billet de train est digne d’un parcours du combattant. Il faut imaginer des queues de plusieurs dizaines de mètres de chinois prenant leurs temps sous une chaleur étouffante.

Cette mégalopole bien que surpeuplé reste, à mon grand étonnement, propre et se perdre dans le dédale du centre-ville est fascinant. Petit coup de coeur pour l’allure des Chinois qui ont trop chaud.

Bund : la célèbre grande avenue de Shanghai qui offre une vue impressionnante sur les « business tower » de Pudong, notamment sur la célèbre « pearl tower ». C’est ici aussi que Dutronc a dû composer sept cents millions de chinois et moi et moi…

Bar rouge: célèbre bar Lounge de Shanghai offrant une vue « by night » sur le Bund. Un contexte idyllique pour une soirée hors du commun. Décrocher de cette vue, de cette ambiance un cocktail à la main n’est pas une chose facile. Réconfort au cours d’un diner à caractère international… ou pas.

Anglais : La langue internationale en Chine est  l’anglais le chinois. Taxi, guichetier, vendeurs, personne ne parle l’anglais, personne ne le comprend. Toute la Chine et conquise par le chinois. Toute ? Non un petit groupe d’individus subsiste encore et toujours à l’envahisseur : les contrefacteurs.

La cerise sur le gâteau, c’est Dalia, une mexicaine charmante parlant un espagnol maternel, un anglais impeccable ainsi qu’un chinois parfait. Que demander de plus pour un weekend parfait ?


Parfait… sauf dans les aéroports. Murphy m’a rattrapé à la douane. Ecoutant de la musique avec un casque audio officiel mais largement contrefait à Shanghai les douaniers m’ont demandé facture et preuve d’authenticité. Comment expliquer à un chinois qui ne parle pas anglais que c’est un cadeau acheté en France ? En faisant écouter au douanier : Nina Simone – Sinnerman à fond les ballons ! Manifestement ça l’a convaincu. De toute façon mon vol a eu 2h30 de retard…

L’ensembles des photos sont ici

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